Bible et calendrier
Bible et calendrier
PREFACE BIBLE ET CALENDRIER
I. NOTIONS PRELIMINAIRES
1. METHODOLOGIE BIBLE ET CALENDRIER
2. UN NOUVEAU CALENDRIER TRES ANCIEN
3. DES CALENDRIERS
4. UN LUSTRE
5. DU VENT DANS LES VOILES
II. RE-DATER LA MORT DE JESUS
1. LA CRUCIFIXION A-T-ELLE EU LIEU LE 7 AVRIL 30 ?
2. RECONSTITUTION D'OBSERVATIONS LUNAIRES ANCIENNES
3. LA PAQUE ETAIT UN SAMEDI
4. LE NOUVEL-AN ETAIT UN SAMEDI
5. SOLUTION LUNAIRE UNIQUE
6. LA LONGUE PREDICATION DE JEAN-BAPTISTE
7. RELECTURE D'UNE PROPHETIE
8. VOILA 46 ANS QUE L'ON BATIT LE TEMPLE...
9. DU COTE DE CESAR
10. "EXIT" PILATE GRANDES MANOEUVRES A L'EST
11. LES VOYAGES DE PAUL
12. JESUS AVAIT ENVIRON 30 ANS
13. CONCLUSIONS
III. LE CALENDRIER DU SECOND TEMPLE
1. QUEL CALENDRIER A L'EPOQUE DU 2nd TEMPLE ?
2. DE L'IMPORTANCE DES ANNEES JUBILAIRES
3. RECONSTITUER LE CALENDRIER ANTIQUE
4. DU BON USAGE DE FLAVIUS JOSEPHE
5. L'ERE DE LA CREATION DU MONDE
IV. CONCLUSION
V. ANNEXES
PROPOS TERMINAL

V. ANNEXES



Tableau 3 (annexes)

SOURCES LITTERAIRES

Evangélistes

Mt  26,5  Crucifixion avant la fête
Lc  1,3  Auteur bien informé
Lc  3,1  En l'an quinze de Tibère César,.Caïphe Grand-Prêtre
Lc   4, 16-17  Nouvel an un samedi
4, 18-21  Début d'année jubilaire
Jn   1,19  Enquête du Sanhédrin
2, 12-13  Baptême du Christ peu avant la Pâque
5,1 et 9  Soukhot un samedi
6,4  2e Pâque
12,1  3e Pâque
19,31  Pâque un samedi lendemain de la Crucifixion
Ac  2,20  Prophétie de Joël réalisée
4,6  Caïphe n'est plus Grand Prêtre
Dn   9, 24-27  Prophétie dite des 70 semaines

Flavius Josèphe

GJ   VI-5-3, 289-290   date de Pâque 65
GJ  V-3-1, 99   date de Pâque 70
GJ   version slavonne
        Insertion après II-9, 168 J. Baptiste survit à Hérode Philippe
AJ   XVIII 106-107   Hérode Philippe meurt la 20e année de Tibère C.
AJ   XVIII 116-119   Grand concours de peuple -> J. Baptiste
AJ   XVIII 55-59   Pillage du Korban par Pilate
AJ   XVIII 90 et sq   Vitellius à Jérusalem avec Pilate révoque Caïphe
AJ   XVIII 89   Vitellius envoie Pilate se justifier devant Tibère
AJ   XVIII 120-125   Vitellius apprend la mort de Tibère à Pâque à Jérusalem

BIBLIOGRAPHIE

- Calendriers et Chronologie - J.P. PARISOT - F. SUAGHER
  Editeur Masson Paris 1996
- La Saga des Calendriers - Jean LEFORT
  Edition Pour la Science Paris 1998
- Mapping Time - E.G. RICHARDS
  Edition Oxford University Press 1998
- Le Calendrier hébraïque - Roger STIOUI
  Les éditions Colbo - Paris 1988
- Stonehenge decoded - G.S. HAWKINS
  Dorset Press New-York 1987
- Pytheas, explorateur et astronome - H. JOURNES - Y. GEORGELIN
  Editions de la Nerthe - Ollioules 2000
- L'Orient au temps des croisades - A.M. EDDE - F. MICHEAU
  Edition Flammarion G.F. 1121 2002
- Les Grandes Découvertes - Jean FAVIER
  Ed. Fayard 1991
- Les Voies Romaines - R. CHEVALLIER
  Ed. Armand Colin 1972
- Flavius Josèphe : l'homme et l'historien - H. THACKERAY
  Ed. du Cerf - Paris 2000
- Un homme nommé Salut - J. GENOT BISMUTH
  Edition O.E.I.L. Paris 1986
- Des jours de Lumière - S. CHABERT D'HYERES
  Edition Anne Sigier Québec 1998
- Karozoutha - P. PERRIER
  Edition Désiris 04 Méolans Revel 2000
- Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme
  Ed. Robert Laffont Paris 1996
- La Clepsydre - A.S. GOLDBERG
  Ed. Albin Michel Paris 2000
- La guerre des Juifs - FLAVIUS JOSEPHE
  Les Ed. de Minuit Paris 1977

NOTE SUR LE CALENDRIER ESSENIEN

Ce calendrier est connu par Le livre des Jubilés, Le livre d'Hénoch et surtout par le Rouleau du Temple, le plus long rouleau des manuscrits de la Mer morte.
Ce texte a été étudié par son découvreur Yigaël Yadin qui le considère comme la Torah des Esséniens.
Il y est fait mention d'un calendrier "solaire" différent du calendrier lunaire en usage au Temple de Jérusalem, lequel réglait le temps du Judaïsme officiel.
Ce calendrier comportait une année de 364 jours divisés en 4 sections de 3 mois. On ne connaît pas la manière dont était opéré le recalage avec les saisons de cette année trop courte de un jour et quart et même s'il y avait un recalage.
Néanmoins les fêtes tombaient toujours le même jour de la semaine.*
Ce que l'on remarque tout de suite, c'est que 364 jours = 52 semaines.
La base du temps est donc la semaine, au lieu de la lunaison qui règle le calendrier chaldéen en usage dans tout l'orient.
La semaine est une notion "théologique" : le repos du 7ème jour, qui convenait mieux à cette mouvance juive plutôt rigoriste.

Ci-après, nous tentons une reconstitution, naturellement hypothétique en l'absence de textes, du fonctionnement d'un tel calendrier, pour être en accord avec les saisons. Chaque trimestre ayant 13 semaines soit 91 jours, ce calendrier a donc 2 types de mois : 30 jours et 31 jours. L'écart étant de 1.25 jour avec l'année solaire au bout de 3 ans cela fait 3.75 jours ou 4 jours par excès de 0.25 qui peut être résorbé au bout de 15 fois puisque 15 x 0.25 = 3.75.
Ce calendrier a donc 2 type d'année : normale à 364 jours et abondante à 368 jours dont les trimestres ont 2 mois de 31 jours et 1 mois à 30 jours.

Les années abondantes ont lieu tous les 3 ans, 14 fois sur 15. Le cycle est de 45 ans et 16436 jours avec 31 années normales et 14 années abondantes, qui font 2348 semaines.
L'écart avec l'année tropique : 365,2422 x 45 = 16 435,899 atteint donc 1 jour en trop tous les 450 ans, ce qui est une meilleure précision que le cycle de Méton (1 jour tous les 304 ans) et a fortiori que le cycle de 30 ans en usage pendant la période du 2nd Temple.

Il semble que le texte 4Q319 de Qumran** fasse état d'un autre calendrier à usage sacerdotal qui combine un cycle sabbatique de 7 ans, un cycle jubilaire de 49 ans et un cycle de 24 semaines de gardes sacerdotales.
Le retour à la situation initiale exige 294 ans de 52 semaines car 15 288 semaines = 637 tours de 24 gardes d'une semaine et 294 ans = 6 jubilés de 49 ans = 42 cycles sabbatiques.

Ce calendrier n'est ni solaire ni lunaire, car, avec 364 jours au lieu de 365.2422, le nouvel an dérive par rapport aux saisons de un mois tous les 25 ans environ, et le premier rapprochement lunaire de 37 lunaisons en 3 ans n'est qu'approximatif avec une lunaison moyenne de 29.5135 au lieu de 29.5305 jours, ce qui décale les phases de la lune de 1 jour tous les 5 ans à peu près. Mais il est remarquable que le recalage avec l'année solaire ait lieu au bout de ce grand cycle, néanmoins car 294 x 364 = 107 016 jours = 293 années tropiques.
C'est un calendrier vague.

N.B. L'année de 364 jours ouvre encore d'autres possibilités :
-  13 mois de 28 jours
-  des trimestres comportant 2 mois à 28 jours et 1 mois à 35 jours qui semblent moins probables au vu des fragments de manuscrits trouvés à Quimran.

* Ref. L'aventure des manuscrits de la Mer morte p. 147
Hershel SHANKS - Editions du SEUIL - 1996
** Les manuscrits de la Mer Morte p. 383-387
Michaël Wise, Martin Abbeg Jr, Edward Cook - Ed. Perrin 2003


LES ANNÉES SABBATIQUES

Nous avons vu chapitre III-2 que l'année 35 A.D était une année jubilaire dans le calendrier du 2nd Temple proposé.
Donc, en 36 recommence une nouvelle période de 50 ans avec une année sabbatique tous les 7 ans, plus la cinquantième année une nouvelle année jubilaire qui double la 7ème année sabbatique. De ce fait, l'année 70 est la 5ème année sabbatique de cette période jubilaire.
Or, on connaît un texte palestinien, le Seder Olam, qui signale que la destruction du Temple est survenue au cours d'une année de jachère (sabbatique)*.
Voilà donc encore une référence qui conforte notre analyse.

Voici la liste des années sabbatiques de cette époque de la fin du 2nd Temple.

- années 70, 63, 56, 49, 42 (35 est jubilaire)
- années 34, 27, 20, 13, 6 et 2 B.C.


En 1952, On a découvert dans des grottes du désert de Juda au Wadi Murabba'at**, une reconnaissance de dette en araméen ainsi datée :
« Dans l'année 2 de Nero Caesar. en cette année de Jachère. »
Néron ayant accédé au pouvoir le 14 octobre 54, la deuxième année de règne est l'année 56 qui est donc sabbatique dans le Calendrier du 2nd Temple, ce qui confirme une nouvelle fois notre analyse.

Un autre texte issu de ces grottes dit :
« Le 20 de Shevat de la 2ème année de la Rédemption d'Israël par Simon ben Kosba. je loue cette terre à partir d'aujourd'hui jusqu'au terme de la Jachère, ce qui fait 5 années pleines. »

La révolte de Bar Koshba ayant débuté en 132 Julien, la 2ème année se situe donc en 134 et l'année sabbatique cinq ans après soit en 139.

* Cf. La Clepsydre p. 242
** Cf. La Clépsydre p. 170


Calendrier du second temple
Calendrier récurrent sur 60 ans
Le quantième Julien diminue de 3. le jour de la semaine augmente de 2.
Exemples : J31 octobre -517   M16 octobre -456

calendrier

Cycle de 30 ans : 5 lustres à 1831 j. + le 6ème lustre 1801 j. = 10 956 jours

LE PUZZLE DU PROPHETE AGGEE

Il y a dans la Bible une double datation qui intrigue les commentateurs depuis longtemps. En Aggée 1,15 et 2,1, il est écrit :
« C'était le 24ème jour du 6ème mois, dans la deuxième année de Darius. Le 7ème mois, le 21ème jour du mois, le prophète Agée fut chargé de cette parole de YHWH. »

Au IXème siècle, le maître caraïte Benjamin Al Nahawendi aurait affirmé :
« La prophétie eut lieu le jour où on donna deux dates le 24 du mois Elul et le 21 de Tishri », ce qui suppose un début d'année en Nissan* (avant le 2nd Temple).
On sait que Darius succéda à Cambyse en 522 BC, c'est-à-dire après le retour d'exil, on est donc, selon mon hypothèse, dans la période d'usage du calendrier Chaldéen (cycle de 30 ans).

Il est indiqué en annexe à la page 76, que dans ce calendrier le 1 Tishri - 515 se situe :
Le 1 Tishri
et le 24 Elul, 6 jours avant le 1 Ve-Elul est donc le 9 octobre - 521       JJ 1 531 044

Faisant appel au serveur www.imcce.fr pour connaître la concordance de cette date Julienne avec la date du calendrier Hébraïque (cycle de 19 ans), on trouve :
     JJ 1 531 044 = 9 octobre -521 = 21 Tishri 3240
L'énigme de ce texte est donc résolue.

Cette double datation correspond :

1) D'une part au calendrier chaldéen, qui est ainsi confirmé comme étant d'usage chez les hébreux de retour d'exil,
2) D'autre part à sa conversion dans le calendrier hébraïque actuel, la deuxième date en Ag 2,1 est donc une glose tardive des massorètes,
3) Elle donne la date de la prophétie : le 9 oct - 521 (522 BC), l'année Perse commençant le 1er octobre, on est bien dans la deuxième année de Darius.



Ainsi, la boucle est bouclée. L'hypothèse du calendrier « antique » suggérée par les prophètes Daniel et Ezechiel est vérifiée par ce texte du prophète Aggée qui est antérieur.

L'ETOILE DES ROIS MAGES

Cet astre vagabond a déjà suscité bien des hypothèses de la part des chercheurs et des artistes. Pour Képler, c'était la conjonction rare de Jupiter et Saturne, pour Giotto, une comète, pour d'autres, une nova qui aurait été observée en Chine vers cette époque. Mais il y a une autre explication au phénomène relaté par l'évangéliste Mathieu.
Cette étoile est bien particulière.

- Elle apparaît en Orient et les mages en déduisent qu'un roi est né (Mt 2,2).
  Elle devait donc briller avec éclat comme il sied à un roi.
- Ensuite, les mages la voient de nouveau qui les précédait sur la route de Jérusalem à Bethléem donc dans la direction du Sud   (Mt 2,9).
- Revoir l'étoile leur cause "une fort grande joie" (Mt 2,10), c'est donc qu'ils l'avaient perdue de vue depuis quelques temps.
- Enfin, l'étoile "s'arrête" dans le ciel (Mt 2,9).


Cette dernière singularité, pour un astronome, fait penser à la rétrogradation de la trajectoire apparente d'une planète inférieure (plus proche du soleil que la terre) qui ne peut être que Vénus, beaucoup plus visible dans le ciel que Mercure.
Vénus en effet est vue tantôt le matin (à l'est) tantôt le soir (à l'ouest) et tantôt pas du tout quand elle est en conjonction avec le Soleil.
Ainsi, l'étoile du Berger serait aussi celle des mages.

La réalité sous-jacente à ce récit est la suivante : les mages en Orient voient une étoile briller avec éclat et ils se mettent en route vers Jérusalem, c'est donc que Venus est vue vers l'Ouest, le soir au couchant. Cette période dure environ 3 mois.
Or, il se trouve que c'est à peu près le temps que met une caravane pour aller de Babylone à Jérusalem. Le retour de Vénus dans le ciel du matin à l'Est a lieu environ un mois après sa disparition.
Environ 15 jours après sa réapparition, Vénus semble stationnaire dans le ciel avant de rebrousser chemin. comme les mages*.

L'évangéliste Mathieu décrit parfaitement bien, de façon qualitative, la trajectoire apparente de Vénus, laquelle se reproduit sensiblement identique tous les 584 jours environ.
* le moment de la "station" correspond à la visibilité maximale de Vénus et dure une semaine environ.

D'autre part, cet évènement a eu lieu avant la mort d'Hérode (Mt 2,19) à qui succède Archelaüs, son fils (Mt 2,22). Cette mort, d'après Flavius Josèphe (AJ17, 166-167), est advenue peu après une éclipse de lune, un jour de jeûne que l'on peut situer le 13 mars de l'an 4 BC.
A partir de la date de la "station" occidentale (vue à l'Est) de Vénus en l'année 2002, soit le 19 novembre selon l'annuaire du Bureau des Longitudes (p. 133) et connaissant la période synodique de la planète : 583.92 jours, on peut déduire à quelques jours près la "station" vue par les mages entre les années 3 et 7 BC,

  en retranchant 1254 périodes => 16 février 3 BC
         ----------------- 1255 --------------------- 12 juillet 5 BC
         ----------------- 1256 --------------------- 06 décembre 7 BC

C'est ici que l'évangéliste Luc est décisif car il précise que la naissance a eu lieu en été. En effet, les bergers gardaient - la nuit - leur troupeau dans les champs (Lc 2, 8) et à l'étable, la mangeoire était inutilisée puisqu'elle a servi de berceau (Lc 2, 7).
Il n'y a donc qu'une seule possibilité :

la NATIVITE a eu lieu l'an 5 avant J.C.


soit 9 mois avant la mort d'Hérode, ce qui ne contredit pas Mathieu (Mt 2, 16) qui indique que Hérode a fait massacrer tous les enfants de Bethléem âgés de moins de 2 ans.
Ce récit des "Rois Mages", de facture très orientale, a donc une fonction précise : fixer le temps de la naissance de Jésus, afin d'ancrer ce personnage dans l'Histoire.

N.B. : Les données historiques anciennes recoupent assez bien cette datation "astronomique" de l'année de la Nativité.
   - Luc nous dit (Lc 2, 1-5) que Joseph allait se faire recenser suite à un édit de César-Auguste, au moment de la naissance.
A Rome, le recensement était quinquennal, et Dion Cassius dans son Histoire Romaine (LIV 35) dit qu'en l'an 11 BC, Auguste fit un recensement "faisant lui-même la déclaration. comme un simple citoyen". Cela s'accorde, compte tenu de l'éloignement, avec un recensement romain en Judée en l'an 5 BC.
   - Vers l'an 200, Clément d'Alexandrie (Stromates I, 21, 145) et d'autres auteurs, situe la Nativité dans la 28ème année de pouvoir d'Auguste. Cette prise de pouvoir d'Octave est datée de la fin du troisième triumvirat, le 1er janvier 32 BC. La 28ème année couvre donc toute l'année 5 BC.
- Une observation de Vénus en étoile du matin, à son élongation maximale le 30 juillet 140 par l'astronome grec Ptolémée* corrobore le résultat précédent.
En effet, cette observation a eu lieu 144 ans après celle décrite par l'évangéliste Mathieu, soit 90 périodes synodiques de la planète, ce qui conduit, pour la "station" vue par les mages, à une date au cours du mois de juillet -4 (5BC).

* citée dans "Sciences Géographiques de l'Antiquité" p. 327 de Raymond d'Hollander - Ed. A.F.T.

CHRONOLOGIE BABYLONIENNE

La lecture d'un livre d'astronomie traitant des éclipses anciennes (1), m'a conduit vers une table chronologique babylonienne estimée "highly reliable" par l'auteur de cette étude (p.116).

De cette table : "BABYLONIAN CHRONOLOGY - 626BC - AD75"
  R.A PARKER and W.H. DUBBERSTEIN - 1956 - 2007

J'extrais le tableau ci-dessous, qui donne les années (dans la période Julienne) où a été introduit une lunaison intercalaire supplémentaire dans le calendrier.
Cette table résulte du dépouillement et traduction des tablettes cunéiformes conservées au British Museum et ailleurs, concernant des sujets astronomiques, dynastiques, comptables ou autres.

Dans ce tableau sont désignés U les intercalations en milieu d'année (mois VI bis) et A les intercalations en fin d'année (mois XII bis).

Le déploiement selon un cycle de trente ans, qui est l'hypothèse du cycle antique est instructive à plus d'un titre.

- au VIIe s B.C. le lustre de 5 ans a été en usage (intervalle de 30 lunaisons entre 2 intercalaires) de 624 à 610 B.C.

- ensuite apparaît conjointement des intervalles de 24 et 36 lunaisons avec des écarts allant de 18 à 54 lunaisons. En fait tout le VIe s B.C. est assez chaotique sans règle apparente. On a suggéré que l'intercalation devait se faire sur des critères astronomiques (lever héliaque de Sirius dans un mois fixe), sans doute y eut-il tâtonnement entre plusieurs critères.
Néanmoins, ce que l'on remarque pendant cette période, c'est qu'à une exception prés, il y a toujours 2 intercalations par lustre et de temps en temps une seule, afin qu'il y ait toujours 11 intercalations sur 30 ans, le cycle "antique" a donc bien existé avant celui de Méton en Mésopotamie.

- à partir du Ve s B.C. se met en place une régularité des années d'intercalation sur 19 ans, avec un écart d'un an en 385, mais à partir de383 B.C. le cycle est fixé en nombre de lunaisons entre 2 intercalations soit : 36-24-36-36-30-30-36.
On voit que ce cycle dit de Méton est bien antérieur à l'arrivée d'Alexandre le Grand en Mésopotamie.

-    on notera ainsi que les hébreux déportés à Babylone de 587 à 538 n'ont pas connu le cycle calendaire de 19 ans, ce qui justifie l'hypothèse faite en 3ème partie de l'adoption d'un cycle calendaire de 30 ans pour le calendrier du second temple, au retour de leur exil.

-    NB : Le calendrier "antique" dérive lentement par rapport au soleil, mais il possède un atout considérable : la simplicité du calcul d'une date qui se déduit par une loi de récurrence sur 60 ans.
        Cycle antique : 2 x 10956 =21912 j. Année julienne : 60 x 365.25 = 21915 j.
        Le quantième diminue de 3
        21912/7 = 3130 semaines + 2/7
        Le jour de la semaine augmente de 2



Tableau en annexe
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