IV. CONCLUSION
UN DEVOIR DE MEMOIRE
Au terme de cette étude, entreprise au changement de millénaire sur un champ relativement réduit, bien que peu exploré : "Bible et Calendrier", il apparaît la révélation d'une étonnante perte de mémoire collective.
- Mémoire d'un cycle calendaire largement diffusé avant celui de Méton, exhumé grâce à un texte biblique des brumes de l'oubli où l'avaient relégué des calendriers plus performants en Europe et en Asie.
- Mémoire de la date de la mort de Jésus, simple péripétie de l'histoire sur le moment.
Le curieux est que les chrétiens semblent en avoir perdu le souvenir exact dès le troisième siècle de notre ère.
- Mémoire du sens du mot "shavouim", totalement oublié par tout le monde, dont les traductions fantaisistes ont donné lieu à de savoureuses acrobaties de la part des commentateurs.
- Mémoire de la signification de la prophétie dite des 70 semaines en Dn 9, 24-27, d'ailleurs liée au terme "shavouim" et au nombre 62.
L'exégèse chrétienne en fait une annonce messianique.
Ce n'est pas faux, mais par ricochet seulement, car le texte de toute évidence annonce Jean-Baptiste le "Précurseur", suivi d'une allusion à Jésus et à la destruction du Temple.
Dans ce re-dévoilement d'un contexte sous-jacent enfoui dans l'épaisseur des siècles, les phénomènes astronomiques jouent un rôle essentiel dans la fixation de repères chronologiques sûrs, ainsi que les connaissances sur la navigation maritime de l'époque en méditerranée.
Un autre aspect mis en évidence dans cette étude est la parfaite cohérence des sources littéraires du premier siècle à savoir les évangélistes, les lettres de Paul, et l'historien Flavius Josèphe, quand ils donnent un repère chronologique, ce qui est rare, mais suffisant pour qu'il ne subsiste aucune ambiguïté.
Il en résulte que Jésus a été crucifié le vendredi 30 mars 36 A.D. et est né en 5 BC.
Enfin je pense avoir montré qu'il existait un calendrier formalisé et officiel à Jérusalem, à l'époque du 2nd Temple, qui présidait au déroulement de la vie religieuse du peuple juif.
Ce n'est en aucune façon l'extrapolation rétroactive du calendrier hébraïque actuel, mais le calendrier chaldéen en usage dans tout l'orient depuis peut être un millénaire, et ramené d'exil par les hébreux vers -537.
C'est somme toute assez logique.